dimanche 15 février 2009

Souffrir pour jouir

« L'épuisement du corps est une sublimation, un état de psychose, une mort symbolique. Le mental prend complètement possession du corps et la douleur n'est pas ressentie comme une limite. Ce n'est qu'au moment où l'on ne veut plus la supporter que l'on craque. Cela est proche de l'idéal du toxicomane. La recherche de l'extrême physique et psychologique permet de transgresser la conscience de sa réalité : on est dans l'effraction de sa normalité. »

Claire Carrier, psychiatre, psychanalyste et médecin du sport. Marie-Claire, 1er août 2005

samedi 17 janvier 2009

La Colombe

« Colombes, pour moi, reste un stade mythique, monumental et familial. On descendait du car, on passait entre les supporters qui nous tapaient sur l’épaule. Pareil quand on sortait s’échauffer. Après, on prenait une chope de bière avec eux. Quand on a joué notre dernier match à Colombes, en 1972, contre l’Angleterre (37-12), j’ai dit : « On ne peut quitter un stade comme ça que sur un match extraordinaire. » On a marqué six essais. Longtemps après, j’y suis retourné. La tribune avait été démolie, j’avais les larmes aux yeux… Le parc des Princes était chaleureux. On était passé de la 2 CV à la Rolls mais certaines gens préfèrent les 2 CV. C’était mon cas. »

Walter Spanghero. L’équipe, 6 octobre 2007

mardi 13 janvier 2009

Le comédien

« Mon premier monologue m’a laissé le souvenir de dix minutes de marathon. J’avais eu l’impression de tout dire. Je me suis aperçu que je n’avais rien fait car les joueurs n’avaient pas écouté ou, plutôt, pas entendu. Je sais aujourd’hui qu’il vaut mieux ne pas tout dire, prendre son temps. On peut encore parler dans le car, dans les vestiaires. Mieux vaut laisser des blancs, comme au théâtre, pour permettre la réplique. Le plus dur, c’est le monologue. Les entraineurs ne font que cela. Je recherche le dialogue. Au théâtre, la fin d’une phrase appelle une réplique. J’essaie de terminer des phrases . »
Libération, 25 janvier 1993

« J’ai des dérivatifs comme le théâtre. Mais franchement, ma vie, c’est le football. »
L’équipe, 27 mai 1993

« Chacun joue un rôle dans la vie et dans son métier. On se crée tous un personnage et on l’entretient, y compris les entraîneurs de football. Guy Roux, c’est le paysan naïf avec des oursins dans les poches, Arsène Wenger, c’est l’intello sérieux. Luis Fernandez, c’est l’exubérant… Moi je suis l’original touche-à-tout. J’ai pratiqué l’astrologie. »
Libération, 8 mars 1994
 

lundi 1 décembre 2008

Cuisine et dépendances

« Quand j’ai le stress, moi, je bouffe. Le frigidaire, il te prend de ces coups ! »
Louis Nicollin. France-Soir, 23 octobre 2001

Loulou revenant de cure à Mérano...


Loulou : "Merano c'est l'enfer!" par PadawanProductions

jeudi 13 novembre 2008

L'arbitre de foot est un prêtre

« L'arbitre est le prêtre qui célèbre le culte en son stade. Son autorité ne lui vient aucunement de sa mission sociale, parfaitement nulle, mais du, culte dont il organise le déroulement, en faisant respecter le texte sacré des XVII lois du football au choeur des héros qui dansent sur la pelouse quand le chant des tribunes les célèbre. Prêtre chorégraphe, l'arbitre ordonne une cérémonie qui, lorsqu'elle atteint la perfection dont elle est capable, parvient à transformer les héros en divinités. Il est l'officiant qui permet que les dieux apparaissent aux supporters, le prêtre d'une épiphanie archaïque qui n'a guère eu pour équivalent dans l'histoire humaine que les cultes à mystère de l'antiquité classique, ces cérémonies lors desquelles les initiés entraient dans des transes à ce point sublimes que les dieux eux-mêmes venaient les rejoindre pour danser. »

Jean-François Pradeau, philosophe. Libération, 13 novembre 2008

lundi 13 octobre 2008

Le mystique


« Je suis un peu givré mais ce n’est pas un problème. J’aime bien que ça bouge. Rien de pire que les habitudes. Le thème astrologique des joueurs, c’est plus un passe-temps, pour confirmer mes observations. Je crois à l’astrologie. »
Le Journal du dimanche, 8 sept 1991

« L’astrologie m’apporte une sérénité. Quand on sait que l’on est tout petit dans l’univers, on relativise les choses. Elle m’a aussi apporté un regard sur le jeu. Un terrain, c’est l’univers. Quand un élément bouge, il fait bouger tous les autres, même s’il n’y a pas de relation directe. Tout est organisé. Quand il y a but, c’est que c’est désorganisé. L’objectif est donc de désorganiser l’adversaire. »
Libération, 8 mars 1994