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jeudi 21 juin 2012

Le concert, plus viril qu'un match de rugby


« Brel ? Celui-là, qu’est-ce qu’il m’a mis ! J’avais dix-huit, dix-neuf ans. Il passait à Port-la-Nouvelle. J’étais au premier rang. Il suait et postillonnait, le salaud. Qu’est-ce que j’ai pris ! »
Walter Spanghero, rugbyman mélomane. L’équipe magazine, mai 1980

samedi 12 mai 2012

Oualtère, modèle de rugby


« Le rugby, il m’a habillé, il m’a fait un costume trois pièces. Il m’a fait un costume trois pièces. Il m’a tout donné. J’ai été applaudi, jeté, sifflé, rappelé, suspendu, blâmé, gracié. Il m’a rendu heureux. Alors cette finale, je la lui dois belle pour le remercier. »
Walter Spanghero, avant la finale d'anthologie perdue par Narbonne face à Béziers à la dernière minute de jeu. L’équipe, 22 avril 1974

jeudi 10 mai 2012

Oualtère, l'increvable


« Walter a la fâcheuse habitude de mettre les mains là où d’autres n’osent pas mettre les pieds. »
Jean Garrigue

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 « Un jour, contre le Racing, je m’explose la main sur le genou d’un mec qui avait bien vu que je n’arrivais pas sur lui pour lire le journal. Cinq fractures, j’avais l’os qui sortait. (…) Après avoir été bandé à la polyclinique, je me suis assoupi dans la voiture. Je me réveille, mon teckel bouffait mon plâtre ! L’odeur du sang ! Je finis par m’endormir. Mon poignet se met à enfler, c’était insupportable. Et ma femme, à deux heures du matin, qui n’arrivait pas à découper le plâtre au couteau électrique ! Quatrième test au Cap, en 1967, contre les springboks. J’avais une entorse à la cheville. Pour que je puisse entrer sur le terrain, on a dû me couper la chaussure en deux. (…) Qu’est-ce qu’on n’aurait pas fait pour jouer ! »
Walter Spanghero, ancien rugbyman dur au mal. L’équipe, 6 octobre 2007
 
«[La lecture ?] Au bout de 20 minutes, j’ai les yeux en feu. A la suite d’une fourchette, on a voulu me soigner. Ils m’ont séché les vaisseaux au laser. »
Walter Spanghero, rugbyman lucide et clairvoyant. L’équipe magazine, mai 1980

« La première fois que j’ai vu André Herrero avec sa troupe de « monstres » toulonnais, les Porta, Archippe, Maziska, Gay, Mouysset, Gruarin, j’avoue qu’il m’a impressionné. Ce fut pire contre Dax avec les Contis, Darbos, Darracq, Cassiède, Pachi, Lasserre (…) Il y avait le terrible Berhile. Je prends une balle en touche d’entrée et je m’échappe. Il vient à côté de moi à la touche suivante et me dit : « Ca, petit, il ne faut plus le faire. » Je l’ai refait aussitôt. Résultat : nez cassé ! »
Walter Spanghero, rugbyman filou. L’équipe, 20 août 1978

« Le 25 novembre 1967, les All Blacks nous battent 21-15 à Paris. J’en suis. Auparavant, le médecin de la FFR, le docteur Martin , m’a fait un coup terrible : j’ai une côte fêlée, il m’interroge sur ma guérison. Je lui réponds que ça va. « Ca va ? », qu’il me rétorque, et, au même moment, il m’expédie son poing à l’endroit le plus sensible, celui où j’étais touché. J’ai serré les dents, je souffrais le martyre. Pourtant, je n’ai pas bronché. Tout rassuré, il déclare qu’effectivement je peux jouer. Dès qu’il a disparu de mon horizon, j’ai failli tomber dans les pommes… »
Walter Spanghero, rugbyman fêlé. L’équipe, 19 avril 1975

« Regarde mon nez, il est tout tordu. On me l’avait déjà cassé (…) mais cette fois-là, il a explosé. Oui, explosé ! Comme une tomate. »
Walter Spanghero, rugbyman pas chochotte. L’équipe, 19 avril 1975

mardi 31 janvier 2012

Rugby SM

« On prend goût aux douleurs que le rugby provoque. Un match qui ne fait pas mal est un match raté. »
Walter Spanghero

vendredi 16 décembre 2011

Paris vaut bien un mess

« A notre époque, le rugby, c’était encore confidentiel, même avec le bon Roger Couderc. (…) Nous les joueurs, on était tellement heureux de participer, de se retrouver. Bien sûr, il valait mieux gagner et on faisait tout pour, mais, si on perdait, eh bé on te faisait péter une bonne troisième mi-temps, à Paris, chez Tony, rue Princesse, et ça remettait les choses en place, avec le foie en vrac. Il faut comprendre que monter à Paris, y jouer un match du Tournoi, ça, pour un gars de la campagne comme moi, c’était du sucre d’orge. »

Walter Spanghero. Le Parisien, 3  février 2000

samedi 12 novembre 2011

La vie de Oualtère à la ferme

« A la ferme, c’était : cassoulet, magret, viande d’un kilo et demi, un litre de rouge et un autre de blanc pour équilibrer. La carcasse, à vingt ans, elle était demandeuse. A cet âge-là, je faisais 106 kilos. Moi, j’ai les os qui pèsent beaucoup. »
Walter Spanghero, ancien rugbyman. L’équipe, 6 octobre 2007


« A la ferme, il y avait un travail énorme. Dès que je rentrais de l’école, j’allais donner un coup de main. Attention ! je n’étais pas obligé. Mais j’en avais besoin. Il fallait que je me dépense. C’était bien ! Je me rappelle : l’été, sur le tracteur, en maillot de bain, noirci par le soleil. J’étais insouciant. Tout était beau. L’un de mes meilleurs souvenirs. »
Walter Spanghero, rugbyman champêtre. L’équipe, 17 février 1973

« J’ai calculé que la famille dévorait chaque semaine environ 40kg de pommes de terre, 12kg de viande, 4kg de saucisson, 24 kg de pain, 2 kg de haricots, 2 kg de fromage, 4 douzaines d’œufs et 25 kg de fruits, sans compter 20 litres de lait et 50 de vin. »
Roméa Spanghero, maman de six rugbymen affamés. Femmes d’aujourd’hui, mai 1971

mercredi 18 mars 2009

Les bons mots de Oualtère

« J’ai dû inventer quelques expressions, en populariser d’autres. « Viril mais correct », je crois vraiment que c’est moi. « T’as compris le coup ? », c’est moi. « Mon frère Claude », c’est moi aussi. Pour la formule la plus célèbre, je vais rétablir la vérité. On me l’a attribuée parce qu’au cours d’un dîner avec Denis Lalanne et Jean Castel, je l’ai racontée. Je jouais un match corpo entre la Roque-d’Olmes et Castelnaudary. Un pilier monte un coup de poing, il explose le nez de l’autre. Au repas d’après-match, les deux types sont devant moi. Ils discutent. Et l’agressé dit : « Putain, si j’avais pas eu de nez, qu’est-ce que j’aurais pris dans la gueule ! »

« En 1973, au Parc, on rencontre la grande équipe galloise. On craint énormément l’ouvreur Phil Bennett. Je préviens Jean-Claude Skrela : « Au début, laisse-lui l’extérieur, qu’il fasse le beau. » Au bout d’un quart d’heure, je lui dis : « Stop, monte à l’extérieur ». Quand Bennett a pris l’intérieur, tout le paquet d’avants l’attendait, les bras ouverts. On l’a bien lavé à la machine. Il est sorti tout éssoré. »

« J’ai mal à un œil, il est temps que je lève le pied. On n’a jamais vu un coffre fort sur un corbillard. »

Walter Spanghero, ancien rugbyman. L’équipe, 6 octobre 2007

samedi 17 janvier 2009

La Colombe

« Colombes, pour moi, reste un stade mythique, monumental et familial. On descendait du car, on passait entre les supporters qui nous tapaient sur l’épaule. Pareil quand on sortait s’échauffer. Après, on prenait une chope de bière avec eux. Quand on a joué notre dernier match à Colombes, en 1972, contre l’Angleterre (37-12), j’ai dit : « On ne peut quitter un stade comme ça que sur un match extraordinaire. » On a marqué six essais. Longtemps après, j’y suis retourné. La tribune avait été démolie, j’avais les larmes aux yeux… Le parc des Princes était chaleureux. On était passé de la 2 CV à la Rolls mais certaines gens préfèrent les 2 CV. C’était mon cas. »

Walter Spanghero. L’équipe, 6 octobre 2007